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05/01/2012

Le "Still" Mélenchon

Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Phillippe Poutou et Nathalie Arthaud, côte à côte. Photo de famille pour une fois unie. C’était hier, à Amiens, lors du grand rassemblement autour de Xavier Mathieu, le leader emblématique des « Conti », qui comparaissait devant la cour d’appel d’Amiens pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN en 2009 après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne. L’image est forte. Celle d’une solidarité affichée. Celle aussi de quatre candidats à l’élection présidentielle, à la recherche désespérément des classes populaires, aujourd’hui sans identité. Il y a un mois, Jean-Luc Mélenchon avait déjà rencontré ce Xavier Mathieu, passé en coup de vent à Montataire pour saluer et soutenir les grévistes de l’usine Still. Nous étions là et l’avions filmé pour notre troisième film. Et d’ailleurs cette séquence avait soulevé quelques questions au sein de la rédaction d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! ». Montrer ou ne pas montrer ? A vous de juger!

 

 

Montrer ? Ne pas montrer la détresse du « camarade de chez Conti » au bord des larmes ? Montrer ? Ne pas montrer l’émotion de Jean-Luc Mélenchon face à cette détresse insupportable ? La question se pose. L’image est forte. « La lutte, c’est bon, mais ça laisse beaucoup de traces, surtout dans ma vie. » Le drame que vit Xavier Mathieu, on ne le connaît pas vraiment. On imagine. Et dans la salle comme derrière notre écran de visionnage, on compatit. Gros plan sur le visage sonné de Mélenchon. Entre fascination face à la beauté tragique de la scène et l’émotion suscitée par la vérité des mots, où faut-il s’arrêter pour prendre du recul ? Comment rester sur le fond, ne pas tomber dans le pathos et servir, par le montage, la cause du candidat du Front de Gauche, venu soutenir les grévistes, mais aussi reconquérir l’électorat populaire ? Quelle est d’ailleurs la part de sincérité de Jean-Luc Mélenchon face à nos caméras et à un public en lutte? L’image, chargée d’une dramaturgie cinématographique, l’emporte. Mais la force qui émane de cette séquence correspond surtout à une vérité, non pas celle d’un homme politique en campagne, mais celle de deux cents quarante-sept ouvriers menacés de perdre leur emploi dans six mois. Aujourd’hui, il y a non loin de Xavier Mathieu et des Conti, les huit cent quatre-vingt salariés de SeaFrance dont le sort pourrait être déterminant pour la campagne à venir.

 

 

Yoann GILLET

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