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06/01/2012

Juger n'est pas jouer!

Qui s’y frotte s’y pique! Aujourd’hui, Charles Pasqua a déposé plainte devant le Tribunal de Grande Instance de Paris contre Eva Joly. Les faits remontent au 11 novembre dernier, lors du débat sur France Inter qui opposait la candidate écologiste et la plume de l’Elysée Henry Guaino, sur le thème « Que signifie, aujourd’hui être Français? ». Au coeur des discussions, la proposition de l’UMP de revenir aux « lois Pasqua » qui prévoient qu’à sa majorité, un jeune né en France de parents étrangers dotés d’une carte de séjour, acquiert la nationalité française par une déclaration préalable, une « manifestation de volonté ».  Encore une fois, nos caméras étaient présentes ! En ce jour de commémorations de l’armistice, nous voulions montrer que les batailles politiques se gagnent aussi sur les symboles, en filmant deux visions très différentes de la France. Et quelles lectures plus dissemblables de l’histoire de notre pays que celle d’Henry Guaino et d’Eva Joly ? Une fois le devoir de mémoire accomlpi, pour l’un, envers les soldats de la « Grande guerre », et l’hommage rendu aux mutins, pour l’autre, en marge des manifestations officielles, nous ne pensions pas que, plus tard dans l’après-midi, la confrontation dans les locaux de Radio France allait prendre une telle tournure ! Charles Pasqua non plus

 

« Criminel »! Le mot est lâché. Séquence troublante pour nos équipes que cette passe d’armes surréaliste! Tellement surréaliste qu’Henry Guaino finit par en perdre son latin jusqu’à commettre un lapsus malheureux en coulisses, après l’émission, à propos de Charles Pasqua qu’il présentait quelques minutes avant comme un grand républicain : « Il n’est pas corrompu, il a mis de l’argent dans sa poche. » Eva Joly n’en rate rien. Juge ou candidate, ce qui est sûr, c’est qu’elle ne tansige pas. Pour nous, l’objectif est atteint et même dépassé. En plus de montrer ces deux visions antagonistes de la France et de ses valeurs, nous révélions ce jour-là la tonalité qu’allait prendre la campagne présidentielle de 2012 : une campagne où l’erreur ne sera pas permise et où les attaques ad hominem prendront toute leur place. Plus récemment, la polémique du « sale mec » de François Hollande à l’égard de Nicolas Sarkozy, instrumentalisée aussitôt par l’UMP, nous rappelle que dans cette atmosphère nauséabonde, nous devrons plus que jamais rester vigilants et ne pas nous laisser embarquer dans les méandres d’une politique spectacle, en s’attachant à l’analyse de fond, avec la plus grande exigence possible.

Yoann GILLET

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