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11/02/2012

Un Poutou pour la route

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Plus que trois jours. Trois petits jours pour l’anonyme Philippe Poutou avant d’avoir un adversaire clairement identifié et officiellement déclaré à l’UMP. Trois jours, si l’on on croit les rumeurs, qui ne sont plus tout à fait des rumeurs, mais pas encore des informations. C’est vrai, on le dit, dans les couloirs des rédactions, au cours d’échanges téléphoniques avec des militants ou des responsables du parti ; on l’annonce même dans les JT comme une imminence. Mercredi, Nicolas Sarkozy pourrait déclarer sa candidature à la présidence de la République. Où ? Comment ? Personne ne le sait vraiment. Mais une chose est sure, c’est qu’une fois le Président entré en lice, la véritable bataille commencera. Quelle place alors pour le « petit candidat » du NPA qui ne pèse pour l’instant que 0,5% dans les sondages ? Quelle visibilité pour le leader improbable des anticapitalistes dont la campagne vise essentiellement à « faire gicler Nicolas Sarkozy » ? Quelle crédibilité dans ce combat de mastodontes pour le timide ouvrier Poutou, mal à l’aise dans les meetings comme sur les plateaux de télévision ? Difficile à dire. L’homme nous touche, assurément. Mais on ne sait quoi penser de ses maladresses, de ses approximations, de ses faux pas, à l’image de cette séquence improbable tournée par nos équipes le 10 janvier. Dans les bureaux du NPA, à Montreuil, Philippe Poutou, sous le regard bienveillant et amusé d’Alain Krivine, prépare ses vœux pour 2012 qu’il prononcera quelques instants plus tard, symboliquement, devant le Fouquet’s.


« Faut que ça pète ! », s’amuse Philippe Poutou, conscient de son image et de son charisme très relatif. L’effet est celui d’un pétard mouillé. Scène incroyable lorsqu’on repense au tonitruant facteur Besancenot, qui jadis enflammait tribunes et pavés. Le mégaphone du NPA semble muet. Mais alors pourquoi ce choix ? Pourquoi avoir opté en toute connaissance de cause pour l’ouvrier Poutou, regard tendre et douce voix, qui donne à la révolte anticapitaliste des allures de coton plus que de brasier. Pourquoi lui ?

 










En sortant de la voiture, on ne sait que penser. C’est comme si le Nouveau Parti Anticapitaliste avait renoncé à peser dans le débat public. Comme si le créneau de la contestation avait été cédé, le temps d’une élection, à quelqu’un d’autre, un autre homme, un autre parti, un autre front… un Front de Gauche.

Yoann GILLET