Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/06/2012

Stéphane Ravier : deux p'tits tours et puis s'en va!

 

Monsieur le député ? Non. Mais c’était moins une. Il ne lui manque que sept cents voix et même un peu moins pour rejoindre Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard à l’Assemblée nationale. Avec un score de 49,01%, Stéphane Ravier, candidat FN à Marseille dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, est donc battu. Pourtant, tout semblait encore possible hier soir pour celui qui était arrivé en tête au premier tour des élections législatives. Durant toute cette campagne, nos équipes ont suivi cet homme décomplexé et déterminé à s’imposer dans le paysage local. Son style ? Un mélange de provocation et de séduction, de gouaille et de malice. Car derrière ces tractages bruts et sans nuances se cache un Stéphane Ravier observateur, stratège, souvent lucide quant à la place qu’il occupe sur l’échiquier politique local. Surfant sur la vague de la "dédiabolisation" de son parti depuis l’arrivée de la fille Le Pen à la tête du Front National, le candidat « Bleu marine » progresse sur le terrain, se fait accepter petit à petit.

« Nous ne sommes plus des parias »

Sur place, nous l’avons ressenti. Par-delà les hostilités qui s’expriment ça et là, au gré des ruelles de la cité phocéenne, Stéphane Ravier est à l’aise. Entre une adversaire à gauche en plein démêlé judiciaire, désinvestie par le Parti Socialiste et une candidate UMP qui jouxte les thèses du FN, la partie est d’autant plus jouable pour celui qui se voit déjà au second tour. Au fil des jours, la campagne s’intensifie et les coups bas se multiplient entre l’ex-socialiste Sylvie Andrieux et la « très à droite » Nora Preziosi. « Ca commence à sentir le caniveau » confie le candidat frontiste, passé du rôle de challenger à celui d’arbitre. Une position qui le place au-dessus de cette bataille de chiffonniers et qui sera payante le soir du 10 juin. Avec 29,87%, le voilà premier, juste devant Sylvie Andrieux. Exit Nora Preziosi. La guerre des trois n’aura pas lieu et la guerre des droites s’arrête ici. La fin de l’histoire, vous la connaissez… ou peut-être pas. Car si le second tour met un terme aux espoirs immédiats de Stéphane Ravier, battu par la candidate de gauche, son score très élevé raconte le début d’une nouvelle histoire, celle d’un FN banalisé dont deux de ses membres font pour la première fois depuis vingt-cinq ans et sans proportionnelle leur entrée au Parlement.

Yoann GILLET

Les commentaires sont fermés.