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27/06/2012

Sarkozy : dépôt de bilan

« A feu et à sang » ! Tout comme les prédictions de Bruno Leroux devant notre caméra, le titre des carnets secrets de Roselyne Bachelot laisse entrevoir le climat délétère qui s’installe à l’UMP. Car il flotte dans l’air comme un parfum de révolte. L’heure est venue de briser les chaînes qui liaient les poings et nouaient les langues pendant cette longue année de campagne présidentielle et législative. Le temps des règlements de compte est arrivé. Et si Roselyne Bachelot appelle fermement son mouvement à faire l’inventaire de ses échecs, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est quant à elle lancée dans une chasse à la « Droite dure » qu’elle rend en grande partie responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy. Cette Droite-là porte un nom : Patrick Buisson. Pour l’ancienne porte-parole de l’ex « président-candidat », voilà l’homme à abattre ; l’homme coupable de la confusion des genres et des idées ; l’homme qui n’a cessé de teinter de « bleu Marine » les discours d’un candidat prêt à tout pour l’emporter !
Un homme ? Des hommes, qui exprimaient en cette fin de campagne leur aversion pour le socialisme, le syndicalisme et fustigeaient le terrifiant drapeau rouge qui menaçait le patriotisme !

En ce 1er mai, les équipes d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! » accompagnaient ce grand mouvement qui entraînaient les citoyens de la place de l’Opéra vers le Trocadéro. Oui, dans un même élan, les spectateurs du matin venus écouter le prêche de Marine Le Pen regagnaient le métro pour rejoindre le « président-candidat » qui célébrait ce jour-là la journée du vrai travail. Une passerelle humaine, visible et massive, entre le Front National et l’UMP. Mais le temps de la présidentielle est terminé. Les législatives viennent elles aussi de s’achever. Durant ces deux élections, le FN et ses électeurs auront plus que jamais été au cœur des discussions, des tractations… des compromissions. Plus encore que ce 21 avril 2002 où la forte abstention des citoyens avait placé Jean-Marie Le Pen au second tour, devant le candidat socialiste Lionel Jospin. Mais à l’époque, la Droite et la Gauche s’étaient confondues dans un « Front Républicain ». De ce Front Républicain, que reste-t-il ? Une autre question, plus judicieuse, pourrait se poser : que reste-t-il de l’UMP ? A en croire la « Droite populaire », qui dénonce une coalition « humaniste » en interne contre leur courant, on pourrait penser que le grand ménage a commencé. Mais rien n’est moins sûr. Car au mois de novembre, deux chefs s’affronteront pour la présidence du parti. François Fillon d’un côté, Jean-François Copé de l’autre. Et chacun devra rassembler autour de lui pour obtenir une majorité la plus large possible. Quelle sera leur stratégie ? Quelle place accorderont-ils à cette droite souvent accusée de jouxter le Front National ? Appelleront-ils à l’unité à tout prix ou à la clarification des valeurs qui les unissent, quitte à laisser sur la touche les éléments les plus « droitiers », voire engendrer une implosion de l'UMP? Les jours sont comptés.

Yoann GILLET

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