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29/06/2012

L'entreprise Le Pen : Une affaire qui tourne!

L’histoire est en marche. Chacun d’entre nous contribue à la faire avancer ; pourtant, bien souvent, elle nous dépasse. Et tandis que les « journalistes-commentateurs », nécessaires au bon fonctionnement d’une démocratie, analysent dans la lumière médiatique les évolutions de notre société et de ses comportements, les idées quant à elles voyagent clandestinement d’abord, puis se répandent d’esprit en esprit avant de se fédérer et d’éclater au grand jour, très souvent à la surprise des observateurs professionnels. Non pas que les « spécialistes » soient incompétents dans l’exercice de leur métier, mais parce que la peur aujourd’hui du propos populiste immédiatement sanctionné, du « on dit » sans pouvoir en apporter la moindre preuve, du ressenti aussitôt taxé de fantasme, génère une sous-estimation des instincts populaires, des surenchères citoyennes, des peurs françaises. Ainsi, des réflexes se créent, des repères se fixent et des noms s’installent. Marion Maréchal-Le Pen… Qui la connaissait ? Personne ? Tout le monde ! Qu’importe la personne quand on connaît la marque. Le Pen, Le Pen « light ». Voici, pour beaucoup de Français, le produit made in France qui rassure et qu’on consomme de plus en plus ! Le seul produit fiable dans un monde qui ne cesse de changer et sur lequel des efforts marketing considérables ont été faits, notamment en matière d’emballage. Jean-Marie Le Pen raconte que, lors de ses débuts agités dans le quartier latin, ses partisans peignaient en grand du « Le Pen » sur les murs de la ville et que les passants, qui ne connaissaient pas encore le jeune poujadiste en herbe, pensaient qu’il s’agissait là d’une marque de lessive. Marion Maréchal aurait-elle été élue sans être estampillée Le Pen ? A 22 ans, on peut en douter... Mais le cadeau de Jean-Marie à sa petite fille pourrait bien être empoisonné. Jetée dans la fausse aux lions de l’Assemblée nationale si jeune, avec pour seul coéquipier sur les bancs de l’hémicycle le tonitruant Gilbert Collard et un héritage politique dure à porter devant ses pairs qui s’étaient habitués à l’absence de députés FN, Marion ne pourra désormais se construire en dehors des bagarres, des injures, de la politique, de la famille. Marion est une Le Pen. Les Le Pen engendrent des Le Pen. Malheur à ceux qui ont voulu prendre leurs distances avec la Famille. Alors on préfère s’approprier une règle qu’il sera de toute façon difficile à transgresser. De toute façon, devant nos caméras, le patriarche avait prévenu… "Ils n’ont pas fini d’en avoir du Le Pen".

Yoann GILLET

27/06/2012

Sarkozy : dépôt de bilan

« A feu et à sang » ! Tout comme les prédictions de Bruno Leroux devant notre caméra, le titre des carnets secrets de Roselyne Bachelot laisse entrevoir le climat délétère qui s’installe à l’UMP. Car il flotte dans l’air comme un parfum de révolte. L’heure est venue de briser les chaînes qui liaient les poings et nouaient les langues pendant cette longue année de campagne présidentielle et législative. Le temps des règlements de compte est arrivé. Et si Roselyne Bachelot appelle fermement son mouvement à faire l’inventaire de ses échecs, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est quant à elle lancée dans une chasse à la « Droite dure » qu’elle rend en grande partie responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy. Cette Droite-là porte un nom : Patrick Buisson. Pour l’ancienne porte-parole de l’ex « président-candidat », voilà l’homme à abattre ; l’homme coupable de la confusion des genres et des idées ; l’homme qui n’a cessé de teinter de « bleu Marine » les discours d’un candidat prêt à tout pour l’emporter !
Un homme ? Des hommes, qui exprimaient en cette fin de campagne leur aversion pour le socialisme, le syndicalisme et fustigeaient le terrifiant drapeau rouge qui menaçait le patriotisme !

En ce 1er mai, les équipes d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! » accompagnaient ce grand mouvement qui entraînaient les citoyens de la place de l’Opéra vers le Trocadéro. Oui, dans un même élan, les spectateurs du matin venus écouter le prêche de Marine Le Pen regagnaient le métro pour rejoindre le « président-candidat » qui célébrait ce jour-là la journée du vrai travail. Une passerelle humaine, visible et massive, entre le Front National et l’UMP. Mais le temps de la présidentielle est terminé. Les législatives viennent elles aussi de s’achever. Durant ces deux élections, le FN et ses électeurs auront plus que jamais été au cœur des discussions, des tractations… des compromissions. Plus encore que ce 21 avril 2002 où la forte abstention des citoyens avait placé Jean-Marie Le Pen au second tour, devant le candidat socialiste Lionel Jospin. Mais à l’époque, la Droite et la Gauche s’étaient confondues dans un « Front Républicain ». De ce Front Républicain, que reste-t-il ? Une autre question, plus judicieuse, pourrait se poser : que reste-t-il de l’UMP ? A en croire la « Droite populaire », qui dénonce une coalition « humaniste » en interne contre leur courant, on pourrait penser que le grand ménage a commencé. Mais rien n’est moins sûr. Car au mois de novembre, deux chefs s’affronteront pour la présidence du parti. François Fillon d’un côté, Jean-François Copé de l’autre. Et chacun devra rassembler autour de lui pour obtenir une majorité la plus large possible. Quelle sera leur stratégie ? Quelle place accorderont-ils à cette droite souvent accusée de jouxter le Front National ? Appelleront-ils à l’unité à tout prix ou à la clarification des valeurs qui les unissent, quitte à laisser sur la touche les éléments les plus « droitiers », voire engendrer une implosion de l'UMP? Les jours sont comptés.

Yoann GILLET

18/06/2012

Stéphane Ravier : deux p'tits tours et puis s'en va!

 

Monsieur le député ? Non. Mais c’était moins une. Il ne lui manque que sept cents voix et même un peu moins pour rejoindre Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard à l’Assemblée nationale. Avec un score de 49,01%, Stéphane Ravier, candidat FN à Marseille dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, est donc battu. Pourtant, tout semblait encore possible hier soir pour celui qui était arrivé en tête au premier tour des élections législatives. Durant toute cette campagne, nos équipes ont suivi cet homme décomplexé et déterminé à s’imposer dans le paysage local. Son style ? Un mélange de provocation et de séduction, de gouaille et de malice. Car derrière ces tractages bruts et sans nuances se cache un Stéphane Ravier observateur, stratège, souvent lucide quant à la place qu’il occupe sur l’échiquier politique local. Surfant sur la vague de la "dédiabolisation" de son parti depuis l’arrivée de la fille Le Pen à la tête du Front National, le candidat « Bleu marine » progresse sur le terrain, se fait accepter petit à petit.

« Nous ne sommes plus des parias »

Sur place, nous l’avons ressenti. Par-delà les hostilités qui s’expriment ça et là, au gré des ruelles de la cité phocéenne, Stéphane Ravier est à l’aise. Entre une adversaire à gauche en plein démêlé judiciaire, désinvestie par le Parti Socialiste et une candidate UMP qui jouxte les thèses du FN, la partie est d’autant plus jouable pour celui qui se voit déjà au second tour. Au fil des jours, la campagne s’intensifie et les coups bas se multiplient entre l’ex-socialiste Sylvie Andrieux et la « très à droite » Nora Preziosi. « Ca commence à sentir le caniveau » confie le candidat frontiste, passé du rôle de challenger à celui d’arbitre. Une position qui le place au-dessus de cette bataille de chiffonniers et qui sera payante le soir du 10 juin. Avec 29,87%, le voilà premier, juste devant Sylvie Andrieux. Exit Nora Preziosi. La guerre des trois n’aura pas lieu et la guerre des droites s’arrête ici. La fin de l’histoire, vous la connaissez… ou peut-être pas. Car si le second tour met un terme aux espoirs immédiats de Stéphane Ravier, battu par la candidate de gauche, son score très élevé raconte le début d’une nouvelle histoire, celle d’un FN banalisé dont deux de ses membres font pour la première fois depuis vingt-cinq ans et sans proportionnelle leur entrée au Parlement.

Yoann GILLET

17/06/2012

Yoann Gillet et Serge Moati sur people inside

06/06/2012

Guillaume Peltier : Pas de passé! Pas d'avenir?

Faire campagne en assumant ou en se démarquant du bilan de Nicolas Sarkozy ? Voilà la problématique à laquelle se retrouve confrontés les candidats UMP aux élections législatives du 10 et 17 juin. Une question que Guillaume Peltier semble, de son côté, avoir déjà tranchée. Par choix ou, très certainement, par obligation. Car celui qui fut le monsieur sondage durant toute cette année, chargé de faire parler les chiffres pour valoriser le bilan présidentiel, celui qui fut aussi le porte-parole adjoint du « président-candidat » et porteur de cette droitisation de la campagne, aurait bien du mal à incarner, le temps des législatives, une nouvelle image.

Alors il faut assumer, jusqu’au bout, pour tenter de mobiliser sur le terrain, comme ici dans le quartier Rabelais à Tours, ces électeurs effrayés par ce nouveau paysage politique au reflet rose… qui bien souvent, dans les esprits, vire au rouge !

Le Tourangeau de 35 ans connaît bien son public. Il connaît ses peurs, ses angoisses et ses envies. Et la première envie de ses électeurs, c’est d’empêcher la vague rose de déferler sur la France. Alors Guillaume rassure, parle de drapeau tricolore et d’amour de la patrie. L’enjeu, finalement, ne semble pas si local. Il s’agit de créer un climat plus que de parler d’un programme pour la ville de Tours. D’ailleurs, l’ambition du candidat UMP est-elle réellement de remporter les élections législatives ? Il sait bien que la tâche sera ardue et ne semble pas y croire lui-même. Pourtant, Peltier est infatigable, intarissable et plus enthousiaste que jamais. Comme s’il n’y avait pas eu de défaite à la "Présidentielle". Comme s’il se battait pour autre chose. Comme s’il menait une autre campagne. Car pour cet ancien militant du FN, qui fut aussi porte-parole de Philippe de Villiers, l’objectif est aujourd’hui de faire oublier ses engagements du passé et d’incarner le rassemblement de la droite tourangelle. En d’autres termes, qu’il gagne ou qu’il perde, Guillaume Peltier doit devenir le patron de l’UMP à Tours et entrainer dans son élan le Centre pour faire consensus. Quid de la droite dite nationale ? Avec la députée européenne du Nouveau Centre Sophie Aucony comme présidente de son comité de soutien, on pourrait penser que le grand rassemblement a commencé. Mais au-delà des appareils, il s’agira de rassembler à terme une majorité de Tourangelles et de Tourangeaux susceptibles d'offrir à Guillaume Peltier les mandats dont il rêve depuis longtemps, ceux de maire et de député. Pour cela, il lui faut transformer son image, tout au moins la lisser, pour apparaître moderne et consensuel dans une circonscription où règne la Gauche et où la Droite est divisée. Côté modernité, Peltier a pour lui la jeunesse ; côté consensus, il tente d'effacer les traces de ses premiers pas dans le parti de Jean-Marie Le Pen. Reste Guillaume, fils politique et spirituel de Patrick Buisson, artisan du durcissement de la campagne de l’ancien "président-candidat Sarkozy". Pour s’imposer à Tours comme le leader naturel, Peltier le jeune devra-t-il, là encore, tuer le père ? Faire oublier son passé pour se créer un avenir. Le pari semble audacieux et la prouesse périlleuse. Le magicien des chiffres parviendra-t-il à faire disparaître d'un coup de baguette les épisodes embarrassants de sa vie politique ?

Yoann GILLET