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20/03/2012

Montebourg, un conseiller très "spécial"

Yoann Gillet, Arnaud Montebourg, Serge Moati, François Hollande, PS, France 3, Image et compagnie, Elysée 2012, la vraie campagne

« Spécial ». Depuis une semaine, Arnaud Montebourg est « spécial ». « Représentant spécial » pour être précis. Un nouveau grade, une nouvelle fonction, une nouvelle visibilité. L’homme de la « démondialisation » est de retour, au premier plan. Il faudrait interroger François Hollande, dans l’intimité, loin des caméras pour obtenir des confidences, connaître ses raisons, ses intentions, ses motivations. Pour comprendre, peut-être nous faudrait-il regarder dans le rétroviseur et s’intéresser au parcours de d’Arnaud Montebourg ces six derniers mois. Aujourd’hui représentant spécial de François Hollande, hier troisième homme des primaires PS, le député de Saône-et-Loire a réussi à s’imposer dans le paysage socialiste durant cette campagne. L’homme est troublant, d’une assurance déconcertante depuis le début… Depuis les universités de La Rochelle où il n’épargnait pas ses amis d’aujourd’hui !


Arnaud Montebourg ( extrait n°5) - "Elysée 2012... par IMAGEETCOMPAGNIE

A défaut d’histoire de France, c’est bien avec l’histoire de son parti qu’a rendez-vous Arnaud Montebourg. Et depuis les Universités de La Rochelle, il n’a cessé de s’y préparer. En se démarquant des autres candidats socialistes avec son projet de « démondialisation », le candidat de « La Nouvelle France » a su susciter l’intérêt d’un peuple de Gauche tenté par de nouvelles recettes. Et cette force de mobilisation autour de lui, Arnaud Montebourg l’a sentie tout au long de sa campagne, alors que les médias ne misaient pas un « copec » sur lui. Mais son originalité, son excentricité et sa détermination ont attiré très vite les caméras d’ « Élysée 2012, la vraie campagne ! ». Le mercredi 5 octobre, dans le XIVe arrondissement de Paris, à « L’Osmoz café », le soir du troisième et ultime débat télévisé entre les frères ennemis, Arnaud Montebourg, à défaut de représentant spécial, était à nos yeux, un candidat très spécial… Et déjà très sûr de lui !

 

La première place, Non. La troisième suffira grandement au chantre de la VIe République pour dicter aux deux candidats finalistes, François Hollande et Martine Aubry, ses règles du jeu et se poser en arbitre du duel annoncé. Plus que jamais, Arnaud Montebourg peut s’en donner à cœur joie et se laisser aller à la raillerie contre ses petits camarades qui, dorénavant, se feront courtisans. Alors, pour amuser la galerie, attirer l’attention des médias et prouver à tout le monde que, pour le moment, c’est bien lui qui tire les ficelles, le « gars de Saône-et-Loire » a trouvé un petit jeu aux deux challengers en plein entre deux tours. Il leur a préparé à chacun une lettre de doléances.

Celui qui prendra le plus d’engagements aura droit à son soutien pour le second tour des primaires. 

La suite, vous la connaissez ; c’est François Hollande qui remportera le petit jeu d’Arnaud Montebourg et par conséquent son soutien. Martine Aubry ne s’en relèvera pas et sera battue à plate couture, 43 à 57. Alors, en faisant de Montebourg son représentant spécial, chargé de le « représenter dans toutes les causes et en toutes circonstances », François Hollande honore-t-il tout simplement ses engagements pris à la veille du second tour des primaires socialistes ? Ou le « candidat de centre-gauche » poursuivrait-il sa quête des symboles pour rassurer les électeurs de Mélenchon ? Possible. Très possible. Ce qui est sûr, c’est que le candidat socialiste va devoir poursuivre son offensive. Car avec la « prise de la Bastille » dimanche, son rival du front de Gauche assoit encore un peu plus sa stature et dépasse aujourd’hui les 10% d’intention de vote dans les sondages. Le spectre du 21 avril, évoqué hier par Bertrand Delanoë, rôde toujours dans la maison socialiste.

Yoann GILLET-CLÉMENCEAU

12/03/2012

Bayrou, un recours pour une autre histoire ?

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Le second tour, il le voit. Il le sent. Il y croit. Celui qui n’est pour l’instant que le « quatrième homme » de la campagne est déterminé à faire mentir les sondages qui le placent derrière Marine Le Pen, mais surtout loin derrière François Hollande et Nicolas Sarkozy. Car ce sont bien les deux leaders de la Gauche et de la Droite que François Bayrou a dans le collimateur… et dans sa stratégie de campagne. Dénoncer une fois encore le bipartisme, en se présentant comme « le seul vote utile » samedi soir à Toulouse, voilà comment le président du Mouvement Démocrate compte relancer la dynamique autour de sa candidature. Mais comment réussir ce tour de force pour celui qui se présente comme « l’homme du recours » ? Comment s’imposer comme le pourfendeur de la bipolarisation quand le Front national, juste devant le MoDem dans les intentions de vote, dénonce depuis si longtemps le système « UMPS ». Comment apparaître comme le candidat « anti-système », lui qui bataille aujourd’hui sur ces terres, ô combien fertiles, avec le Front de Gauche d’un côté, le FN de l’autre, et un portefeuille de ministre dans le gouvernement Balladur en guise de « passif » ?

Un mot, une idée : « Moralisation ». Oui, François Bayrou veut créer la différence en « moralisant la vie publique », n’en déplaise à Jean Arthuis qui, en ce samedi 20 février, entamait pourtant un « méa culpa » sur la crise Grecque, à la Maison de la Chimie.


« Vox populi, vox dei ». François Bayrou est entré, lui aussi, dans la course à la surenchère. Neuf jours après l’annonce de Nicolas Sarkozy, qui promet dès son élection un référendum sur les chômeurs, le candidat centriste, ou plutôt central – car « centriste rime avec triste » – annonce lui aussi un référendum, sur la moralisation de la vie publique en France. La chasse au « peuple » est ouverte et la mode du référendum est lancée. Le temps d’une campagne, du moins. Mais le message en sort troublé. Pourquoi s’inscrire dans une stratégie de surenchère quand on cherche à créer la différence ?

Pour l’instant en tout cas, si François Bayrou peut espérer incarner une alternative aux « illusionnistes » Hollande et Sarkozy, ainsi qu’il les surnomme, il n’apparaît pas encore comme le candidat « anti-système », dont se revendiquent plus ou moins ouvertement Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen. Et si c’était de ce « bipartisme » là dont venait le véritable danger pour le Béarnais ? Histoire à suivre le 15 mars dans le sixième épisode d’« Élysée 2012, la vraie campagne ! »

 

Yoann GILLET

11/03/2012

Inauguration du salon Gonzague Saint-Bris à l'Odéon

Un film d'Alexis Guérineau-Rieutord

11:03 Publié dans MEDIAS | Lien permanent | Commentaires (0)

02/03/2012

Guéant-Beschizza : la valeur des valeurs

Yoann Gillet, Serge Moati, Claude Guéant, UMP, Bruno Beschizza, France 3Passe d’armes quotidiennes, atmosphère délétère : pas de doute, Nicolas Sarkozy est bel et bien candidat. Non pas que ce climat lui soit exclusivement imputable, mais son entrée en lice dans la bagarre pour la présidentielle a tout naturellement donné à la campagne une nouvelle dynamique, un nouveau souffle ; un véritable face à face où les fleurets ne sont plus mouchetés et où les adversaires sont de part et d’autre clairement désignés. Ce que le Président s’interdisait, le candidat peut désormais se le permettre. Et si le candidat nouveau est arrivé, le Président avait semé bien en amont les idées fortes de sa campagne à venir.

En effet, le choix des armes ne s’est pas fait du jour au lendemain et dès le mois de novembre l’on sentait frémir chez Henry Guaino, plume de Nicolas Sarkozy, ainsi que chez Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, le réveil des « valeurs » en ce jour de commémoration de l’armistice.


ELYSEE 2012, la vraie campagne - épisode 3 " A... par IMAGEETCOMPAGNIE

Les valeurs, celles du patriotisme, de l’autorité ou de la grandeur de la France, restent pourtant des notions floues, ouvertes à toutes les interprétations et qui constituent de fait un terrain glissant.

La glisse était-elle contrôlée ou volontaire lorsque Claude Guéant déclarait, le 5 février, que « toutes les civilisations ne se valent pas » ? En période d’élection, il est toujours plus difficile de démêler le bon grain de l’ivraie. Une chose est sûre, c’est que l’impact médiatique est immédiat. Et quoi de plus essentiel en campagne électorale que d’occuper, voire de saturer l’espace médiatique pour ne pas laisser de place à ses adversaires ? Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP en charge des questions de sécurité, l’a bien compris.

Investi par l’UMP dans le 93 pour les législatives, celui qui a choisi pour slogan « Défendons nos valeurs » ne pouvait espérer meilleure publicité à l’occasion de l’inauguration de son QG de campagne à Neuilly-Plaisance, le mardi 7 février. Car ce soir-là, c’est justement Claude Guéant, lui-même, au cœur de la polémique depuis deux jours, qui était attendu pour inaugurer le local du candidat. Bruno Beschizza, qui n’imaginait pas la semaine précédente attirer les journalistes en masse, était maintenant certain de voir débarquer les caméras de télévision. Et pour cause : le ministre de l’Intérieur était plus que jamais sous le feu des projecteurs depuis le nouveau rebondissement dans « l’affaire des civilisations », quelques heures plus tôt, à l’Assemblée nationale. Au coeur de l’hémicycle, le député de la Martinique, Serge Letchimy, venait de provoquer un tollé au sein de la majorité avec ses propos pour le moins incisifs : « Monsieur Guéant, le régime nazi si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? ».

Incident de séance, buzz médiatique. Bruno Beschizza buvait en tout cas du petit lait.


ELYSEE 2012 LA VRAIE CAMPAGNE Film 6- Bruno... par IMAGEETCOMPAGNIE

A bon entendeur, salut. Le clivage Gauche-Droite est donc bel et bien de retour. Et il se fera sur le thème des « valeurs ». Tenez-vous le pour dit. Mais que cela signifie-t-il au fond ? Assistons-nous véritablement à un choc de société, avec deux blocs radicalement opposés et des « valeurs » à ce point dissemblables et irréconciliables ? Ou assistons-nous à un artifice politique, fait de provocations et d’effets de manche dans le but de cliver pour gagner la bataille des idées ?

Exciter et diviser pour clarifier le paysage politique, quitte à caricaturer à la fois son adversaire et son propre camp ? Peut-être… sûrement ; en découvrant le 15 mars l’intégralité de cette séquence dans votre sixième numéro d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! », vous pourrez en tout cas juger par vous-mêmes de l’authenticité de cette polémique qui aura eu au moins le mérite relatif d’occuper un petit créneau de ce fameux espace médiatique, si cher à nos politiques.

Yoann GILLET-CLÉMENCEAU

11/02/2012

Un Poutou pour la route

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Plus que trois jours. Trois petits jours pour l’anonyme Philippe Poutou avant d’avoir un adversaire clairement identifié et officiellement déclaré à l’UMP. Trois jours, si l’on on croit les rumeurs, qui ne sont plus tout à fait des rumeurs, mais pas encore des informations. C’est vrai, on le dit, dans les couloirs des rédactions, au cours d’échanges téléphoniques avec des militants ou des responsables du parti ; on l’annonce même dans les JT comme une imminence. Mercredi, Nicolas Sarkozy pourrait déclarer sa candidature à la présidence de la République. Où ? Comment ? Personne ne le sait vraiment. Mais une chose est sure, c’est qu’une fois le Président entré en lice, la véritable bataille commencera. Quelle place alors pour le « petit candidat » du NPA qui ne pèse pour l’instant que 0,5% dans les sondages ? Quelle visibilité pour le leader improbable des anticapitalistes dont la campagne vise essentiellement à « faire gicler Nicolas Sarkozy » ? Quelle crédibilité dans ce combat de mastodontes pour le timide ouvrier Poutou, mal à l’aise dans les meetings comme sur les plateaux de télévision ? Difficile à dire. L’homme nous touche, assurément. Mais on ne sait quoi penser de ses maladresses, de ses approximations, de ses faux pas, à l’image de cette séquence improbable tournée par nos équipes le 10 janvier. Dans les bureaux du NPA, à Montreuil, Philippe Poutou, sous le regard bienveillant et amusé d’Alain Krivine, prépare ses vœux pour 2012 qu’il prononcera quelques instants plus tard, symboliquement, devant le Fouquet’s.


« Faut que ça pète ! », s’amuse Philippe Poutou, conscient de son image et de son charisme très relatif. L’effet est celui d’un pétard mouillé. Scène incroyable lorsqu’on repense au tonitruant facteur Besancenot, qui jadis enflammait tribunes et pavés. Le mégaphone du NPA semble muet. Mais alors pourquoi ce choix ? Pourquoi avoir opté en toute connaissance de cause pour l’ouvrier Poutou, regard tendre et douce voix, qui donne à la révolte anticapitaliste des allures de coton plus que de brasier. Pourquoi lui ?

 










En sortant de la voiture, on ne sait que penser. C’est comme si le Nouveau Parti Anticapitaliste avait renoncé à peser dans le débat public. Comme si le créneau de la contestation avait été cédé, le temps d’une élection, à quelqu’un d’autre, un autre homme, un autre parti, un autre front… un Front de Gauche.

Yoann GILLET