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30/01/2012

Le chemin de croix de Christine Boutin

« Antidémocratique » ! De la gauche de la gauche à la droite de la droite, le mot est désormais sur les lèvres de tous les « petits candidats ». Ils ont un mois, un tout petit mois, pour parvenir à récolter les cinq cents parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. A première vue, la tâche est certes ardue, mais loin d’être irréalisable, puisqu’en France, quelque quarante-sept mille peuvent accorder leur signature. Entre les députés, les sénateurs, les parlementaires européens, les conseillers régionaux, généraux et bien sûr les maires, les prétendants à la présidence de la République ont de quoi faire. En théorie, quatre-vingt candidats sont donc en mesure d’être présents au premier tour. En pratique, la réalité est bien différente. Budget, influence, médiatisation, autant d’armes dont les partis politiques disposent pour instaurer le rapport de force. La bataille pour la légitimité a commencé ! Et comme souvent, ce sont les « gros » qui en profitent.

Cette réalité, c’est celle que vit aujourd’hui Philippe Poutou du NPA, Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, Dominique de Villepin de République Solidaire, pour ne citer qu’eux. Même Marine Le Pen, qui n’est pas en soi une « petite candidate » compte tenu de l’importance des scores réalisés à chaque élection, peine aujourd’hui, elle aussi, à trouver ses signatures. Demain, elle manifestera devant le Sénat pour afficher son soutien à Jean-Louis Masson, sénateur de Moselle, apparenté à droite, qui défendra un amendement en faveur de l’anonymat pour les parrains des candidats. Tous les moyens sont bons pour attirer l’attention des médias et dénoncer face caméra ce système.

Christine Boutin, ancienne ministre et présidente du Parti Démocrate Chrétien, l’a très bien compris. Il lui reste dix-sept jours, pas un de plus, pour récupérer les trois cent-vingt-sept signatures qui lui manquent. Et avant la date fatidique du 16 mars, elle doit faire face à un adversaire de taille, l’UMP, qui en la personne de Jean-François Copé, annonçait devant nos caméras, fin 2011, que les élus de la majorité devront faire barrage aux micro-candidatures à droite. Pour communiquer sur sa cause, Christine Boutin a choisi de jouer avec les symboles : c’est sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qu’elle sollicite les élus de France ! Et l’équipe d’« Elysée 2012, la vraie campagne », était là, comme toujours !


Zéro promesse de signature. C’est le maigre butin de Madame Boutin ce mardi 17 janvier. Après avoir sillonné les routes d’Eure-et-Loir, frappé à la porte de la mairie de Pré-Saint-Martin, de Bonneval, de Châteaudun et d’une dizaine d’autres communes situées sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, le miracle ne s’est pas produit durant ce pèlerinage politique et médiatique. A chaque élu sa bonne raison : parrainage déjà accordé à un autre candidat, peur d’apparaître dans le journal, volonté de neutralité…. En somme, ne pas froisser son parti et ne pas déboussoler les électeurs par de malheureux amalgames. De courage, Christine Boutin n’en a pas manqué ce jour-là. Avec détermination et acharnement, la présidente du Parti Démocrate Chrétien a ressassé, demi-heure après demi-heure, toujours le même texte. « J’irai jusqu’à  la frontière espagnole, j’irai jusqu’au bout ». Le discours est bien rodé, mais la démarche est sincère. Ce jour-là, nos caméras ont filmé un moment de vie troublant de notre démocratie : la galère des « petits ».

06/01/2012

Juger n'est pas jouer!

Qui s’y frotte s’y pique! Aujourd’hui, Charles Pasqua a déposé plainte devant le Tribunal de Grande Instance de Paris contre Eva Joly. Les faits remontent au 11 novembre dernier, lors du débat sur France Inter qui opposait la candidate écologiste et la plume de l’Elysée Henry Guaino, sur le thème « Que signifie, aujourd’hui être Français? ». Au coeur des discussions, la proposition de l’UMP de revenir aux « lois Pasqua » qui prévoient qu’à sa majorité, un jeune né en France de parents étrangers dotés d’une carte de séjour, acquiert la nationalité française par une déclaration préalable, une « manifestation de volonté ».  Encore une fois, nos caméras étaient présentes ! En ce jour de commémorations de l’armistice, nous voulions montrer que les batailles politiques se gagnent aussi sur les symboles, en filmant deux visions très différentes de la France. Et quelles lectures plus dissemblables de l’histoire de notre pays que celle d’Henry Guaino et d’Eva Joly ? Une fois le devoir de mémoire accomlpi, pour l’un, envers les soldats de la « Grande guerre », et l’hommage rendu aux mutins, pour l’autre, en marge des manifestations officielles, nous ne pensions pas que, plus tard dans l’après-midi, la confrontation dans les locaux de Radio France allait prendre une telle tournure ! Charles Pasqua non plus

 

« Criminel »! Le mot est lâché. Séquence troublante pour nos équipes que cette passe d’armes surréaliste! Tellement surréaliste qu’Henry Guaino finit par en perdre son latin jusqu’à commettre un lapsus malheureux en coulisses, après l’émission, à propos de Charles Pasqua qu’il présentait quelques minutes avant comme un grand républicain : « Il n’est pas corrompu, il a mis de l’argent dans sa poche. » Eva Joly n’en rate rien. Juge ou candidate, ce qui est sûr, c’est qu’elle ne tansige pas. Pour nous, l’objectif est atteint et même dépassé. En plus de montrer ces deux visions antagonistes de la France et de ses valeurs, nous révélions ce jour-là la tonalité qu’allait prendre la campagne présidentielle de 2012 : une campagne où l’erreur ne sera pas permise et où les attaques ad hominem prendront toute leur place. Plus récemment, la polémique du « sale mec » de François Hollande à l’égard de Nicolas Sarkozy, instrumentalisée aussitôt par l’UMP, nous rappelle que dans cette atmosphère nauséabonde, nous devrons plus que jamais rester vigilants et ne pas nous laisser embarquer dans les méandres d’une politique spectacle, en s’attachant à l’analyse de fond, avec la plus grande exigence possible.

Yoann GILLET

Made in Bayrou

« Produire en France » ! Voici la nouvelle trouvaille du Président du Mouvement démocrate pour créer la différence, sa différence, en 2012. Si aujourd’hui le thème est sur toutes les lèvres, François Bayrou en a fait le fer de lance de sa campagne ! A chaque élection son symbole. En 2002, souvenez-vous, au bon vieux temps de l’UDF unie, le leader centriste était, dans tous les esprits, le candidat de la gifle, infligée à un gamin venu le détrousser, sous l’œil des caméras de télévision. Autorité. En 2007, ce sont les médias que Bayrou empoignait, sans ménagement, s’accommodant néanmoins de leur présence pour diffuser son message présidentiel. Coup de gueule contre la « peopolisation » des politiques et la société de communication. Indépendance. Cinq ans et une traversée du désert plus tard, Bayrou a trouvé sa nouvelle arme. En bon Béarnais, proche du terroir, de la culture et des traditions de son « pays natal », le chef du MoDem rêve de voir le « Made in France » faire de lui le porte-étendard des classes populaires invisibles, des « sans voix », de toutes les victimes de la mondialisation, des délocalisations et du chômage. Protection. Oui, cette année, François Bayrou protègera les Français. Les plus faibles en particulier, « ceux qui ont décroché, ou n’ont jamais, encore, accroché. ». Il faut recréer de l’emploi, donc réindustrialiser la France pour produire français et acheter français. Alors, au siège du MoDem, on se creuse la tête, on calcule. On traque les produits « made in India ». Et on s’indigne. C’est l’heure, pour le professeur Bayrou, de donner une petite leçon d’économie, sous l’œil des caméras très attentives d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! ».

 

Etonnante séquence que l’on a vu se dérouler devant nous, lors de cette réunion. Il est toujours difficile d’accéder à ce genre de lieu, mais tellement précieux et savoureux de s’y trouver. Il s’agissait de notre second tournage avec le candidat Bayrou déclaré. On ne sait jamais ce que notre présence suscite comme réaction et donc comme situation. Se serait-il levé si nous n’avions pas été là ? A bien y réfléchir ce n’est peut-être pas vraiment ça l’important. Ce qui transpire de cette séquence c’est vraiment la singularité de cet homme politique, où la permanence de cet ancien professeur et Ministre de l’Education se fait sentir.

Yoann GILLET

05/01/2012

Le "Still" Mélenchon

Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Phillippe Poutou et Nathalie Arthaud, côte à côte. Photo de famille pour une fois unie. C’était hier, à Amiens, lors du grand rassemblement autour de Xavier Mathieu, le leader emblématique des « Conti », qui comparaissait devant la cour d’appel d’Amiens pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN en 2009 après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne. L’image est forte. Celle d’une solidarité affichée. Celle aussi de quatre candidats à l’élection présidentielle, à la recherche désespérément des classes populaires, aujourd’hui sans identité. Il y a un mois, Jean-Luc Mélenchon avait déjà rencontré ce Xavier Mathieu, passé en coup de vent à Montataire pour saluer et soutenir les grévistes de l’usine Still. Nous étions là et l’avions filmé pour notre troisième film. Et d’ailleurs cette séquence avait soulevé quelques questions au sein de la rédaction d’« Elysée 2012, la vraie campagne ! ». Montrer ou ne pas montrer ? A vous de juger!

 

 

Montrer ? Ne pas montrer la détresse du « camarade de chez Conti » au bord des larmes ? Montrer ? Ne pas montrer l’émotion de Jean-Luc Mélenchon face à cette détresse insupportable ? La question se pose. L’image est forte. « La lutte, c’est bon, mais ça laisse beaucoup de traces, surtout dans ma vie. » Le drame que vit Xavier Mathieu, on ne le connaît pas vraiment. On imagine. Et dans la salle comme derrière notre écran de visionnage, on compatit. Gros plan sur le visage sonné de Mélenchon. Entre fascination face à la beauté tragique de la scène et l’émotion suscitée par la vérité des mots, où faut-il s’arrêter pour prendre du recul ? Comment rester sur le fond, ne pas tomber dans le pathos et servir, par le montage, la cause du candidat du Front de Gauche, venu soutenir les grévistes, mais aussi reconquérir l’électorat populaire ? Quelle est d’ailleurs la part de sincérité de Jean-Luc Mélenchon face à nos caméras et à un public en lutte? L’image, chargée d’une dramaturgie cinématographique, l’emporte. Mais la force qui émane de cette séquence correspond surtout à une vérité, non pas celle d’un homme politique en campagne, mais celle de deux cents quarante-sept ouvriers menacés de perdre leur emploi dans six mois. Aujourd’hui, il y a non loin de Xavier Mathieu et des Conti, les huit cent quatre-vingt salariés de SeaFrance dont le sort pourrait être déterminant pour la campagne à venir.

 

 

Yoann GILLET

04/01/2012

Elysée 2012, la vraie campagne ! Teaser épisode 4